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  - Ecrire dans l'Arc jurassien

L’Association des écrivains neuchâtelois et jurassiens (AENJ) rassemble depuis 1950 des poètes, des romanciers, des essayistes ou encore des chroniqueurs et des liberettistes liés au canton de Neuchâtel et du Jura ainsi qu’à la partie francophone du canton de Berne.
Au travers d’une centaine de notices bibliographiques et d’extraits d’oeuvres, cette anthologie offre un aperçu de la richesse et de la diversité littéraire de l’Arc jurassien qui et non seulement pays du savoir-faire horloger et des microtechnologies, mais encore pays des espaces de l’imaginaire.

Cet ouvrage, publié à l’occasion du 60ème anniversaire de l’AENJ sous la présidence de Luc Wenger, voudrait attirer l’attention sur les auteurs disparus aussi bien que sur les auteurs vivants, mais encore sur les vingt-trois noms supplémentaires qui figurent dans cette édition 2010.

L’intention de ce modeste florilège est évidemment de capter l’attention de lecteurs curieux, prêts à la décourverte ou à la redécouverte au point de passer de la bibliographie à l’oeuvre elle-même, et, pourquoi pas, d’être séduits par cette littérature “de proximité”.

Vous pouvez commander cet ouvrage à l’adresse de notre secrétaire :
Monsieur
Gilbert Pingeon
Grand’Rue 32
2012 Auvernier
gpingeon@sunrise.ch

Jean-Marie Adatte  - TOI AUSSI

Est-ce qu’on peut vivre avec un virus bipolaire qui vous culbute du ciel en enfer ? Avec le poids d’un inceste qui tourne à la tragédie ? Avec les manies sexuelles d’on ne sait qui dans la maison ? Avec une passion pour l’écriture qui vous exclut du monde ? Avec les exigences d’une mystérieuse femme fantôme ? Avec les injonctions d’un ami intime proche de l’intégrisme ? Avec le deuil d’une épouse que peut-être on aurait pu mieux aimer ?

On peut ou on ne peut pas. La vie continue ou ne continue pas. Dans Toi aussi, où se côtoient le réalisme des récits et l’imaginaire des nouvelles, l’auteur laisse le plus souvent, au terme d’un trajet difficile, leur chance à ses personnages tourmentés, dont lui-même fait partie.


Jean-Marie Adatte, né en Ajoie en 1931, a enseigné à Neuchâtel et à Bienne avant de se consacrer à l’écriture. Il nous propose aujourd’hui son sixième ouvrage. Faute de place, on résumera l’accueil qui lui a été fait jusqu’ici par cet éloge d’Anne Pitteloud dans Le Courrier à propos de Dérapages : Adatte traite de sujets graves où pointe souvent l’humour, derrière l’élégance du style. Un régal.

Thierry Amstutz - LA MONTRE DISPARUE

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Abram se remit au milieu du chemin en criant et en agitant les bras : « Saute du char, Jean ! Saute ! Saute ! » Jean tourna la tête vers lui et le regarda, une ombre de frayeur dans les yeux. Il sentait sur sa figure le courant d’air de la vitesse. Ne sachant plus quoi faire pour ralentir son cheval, toutes ses tentatives ayant échoué, il lâcha les rênes et sauta. Après avoir touché le sol sur ses pieds, il fut projeté en avant et disparut dans les hautes herbes. Débarrassé de son conducteur, le cheval continua sa course folle à travers les champs en hennissant et en martelant la terre de ses sabots. Abram, la bouche ouverte, resta un instant interdit. Le choc passé, il se précipita à la recherche du jeune homme qu’il connaissait bien.

Comme pour La Pendule du souvenir, paru aux Editions Slatkine, succès littéraire en 2012, Thierry Amstutz met en scène des personnages qui ont vécu les débuts de l’horlogerie. De manière claire, fluide et sans temps mort, ce roman nous raconte l’histoire de la famille de Jean Gafner et de la mère d’Evira, condamnée pour des actes de sorcellerie qu’elle n’avait pas commis. Une montre de poche nous fait connaître l’épopée horlogère des premiers horlogers des montagnes du Jura suisse. Ce roman, qui se termine de nos jours, nous fait remonter au dix-septième siècle.

Montre de poche, milieu du dix-huitième siècle.

© Musée d'horlogerie du Locle - Château des Monts, Le Locle - Suisse.

André Bandelier - Cléobule ou Pensées diverses d’un Pasteur de Campagne

Théophile-Rémy Frêne (1727-1804 ), pasteur à Tavannes dans l’ancien évêché de Bâle, avait laissé un lot de « pensées » à ses après-venants. Sa petite-fille, la romancière Isabelle de Gélieu, et son époux, le pasteur et philanthrope Charles-Ferdinand Morel, les ont rassemblées et éditées à titre posthume : Pensées d’un Curé de Campagne , édition princeps vite abandonnée, et Cléobule ou Pensées diverses d’un Pasteur de Campagne, publiées après sa mort (1807 ), édition définitive devenue inaccessible.

La présente réédition de l’ouvrage, reflet de la pensée des Lumières « au village », comprend un large appareil critique : trois substantielles introductions (à l’auteur, à l’oeuvre et à sa genèse, à son contenu théologique, philosophique et éthique) ; de larges commentaires du texte en bas de page situent les Pensées dans leur contexte régional et les usages du temps, et recherchent leurs sources d’inspiration ; un index permettant des entrées diversifiées dans l’oeuvre (noms de personnes, oeuvres, lieux, thèmes).

André Bandelier (ancien professeur de langue et civilisation françaises à l’université de Neuchâtel) rappelle la personnalité de Théophile-Rémy Frêne, autorité sociale en prévôté de Moutier-Grandval et érudit campagnard qui s’en prit au premier Discours de Jean-Jacques Rousseau. Il évoque la genèse et l’impression de Cléobule chez Jean-Joseph Goetschy, maire napoléonien de Porrentruy, et présente la situation de l’édition provinciale sous le Premier Empire, au moment où Morel publie la première histoire du Jura en langue française, l’Abrégé de l’histoire et de la statistique du ci-devant évêché de Bâle .

Pierre Bühler (professeur honoraire de théologie systématique à l’université de Zurich) analyse les multiples perspectives réunies dans les quelque 500 « pensées diverses » de Cléobule . Observateur éclairé des réalités de la vie, l’intellectuel protestant évalue de manière critique les écoles philosophiques (Pascal, Voltaire, Rousseau). Les contradictions qui habitent sa morale, proche de la pensée stoïcienne, révèlent la profonde humanité de ce pasteur qui, aux confins du Pierre-Pertuis, l’ancestral passage, nous montre son coin de pays traversé par les grands bouleversements du siècle des Lumières.

François Berger  - Les pavillons de Salomon

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Un temps amnésique, Maxence se souvient et a peur. Qu’est-ce qui prouve que les souvenirs retrouvés sont bien les siens ? Candidat au poste prestigieux de directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, il est accusé d’avoir tenté de tuer Alban, un collègue ambitieux et jaloux. Ce dernier, dont la candidature n’a pas été retenue, a dénoncé son aventure avec Lucy, une jeune stagiaire. Et si la vraie cause de son crime n’était point celle que l’enquête pénale révèle ? Si tous les personnages ont leur mot à dire, la mémoire apparaît ici comme le personnage principal de ce drame. Tout semble dépendre d’elle durant ce périple déroutant nous menant des salons feutrés de l’O.M.S jusqu’au palais de justice de Genève, en passant par Paris, Marrakech, Djibouti et Sanaa où sa rencontre avec Lucy, un temps disparue, aidera Maxence à découvrir qui elle est vraiment et pourquoi il a attenté à la vie d’Alban.

François Beuchat  - Le moineau dans un bocal

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«Ainsi, chaque jour, je regarde l'oiseau dans son bocal. Il n'a pas changé depuis le jour où je fermai le bocal. J'ai changé et vieilli davantage que le moineau. Il est mon rêve de vie et de mort. Il est ma permanence, et je tiens à lui davantage qu'à moi-même. C'est le moineau de mon Temps perdu. C'est le moineau de mon projet, de mon affection, de mon souci, de mon rêve toujours renouvelé. Je suis le moineau dans un bocal, et ceux qui regardent le bocal savent donc bien qui je suis.»

Catherine Bex - L'instant infime d'une respiration

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« Tout est question de souffle. Se concentrer sur le mouvement de la cage thoracique, ni trop lent ni trop rapide, exhaler ni trop ni trop peu, sentir les côtes se soulever, puis se contracter de nouveau pour mieux se dilater au passage de l’air. Un dosage subtil qui tient de l’art de la méditation et de la maîtrise parfaite de soi pour avancer même en terrain hostile, coûte que coûte, sans faiblir, sans faillir. Sans réflexion, pousser le corps plus loin pour que la machine de chair et d’os continue à se déplacer en un mouvement perpétuel. Dominer la souffrance, les orteils sanglants, la voûte plantaire cloquée, les muscles crispés, les articulations douloureuses, les envies de vomir. Et surtout, surtout, fuir le point de côté, qui brise tout élan, par une inspiration méticuleuse et calculée qui se calque sur la foulée. »

S’inspirant de faits réels, L’instant infime d’une respiration tente de dépeindre la plongée d’un homme a priori banal dans la folie, une folie menant à la négation complète d’autrui.

Hélène Bezençon   - Pouce, suivi de Arrête de rêver, l'Etrangère

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Pouce est le monologue d’un jeune gars d’aujourd’hui, qui explique pourquoi il devait se débarrasser de l’homme qui le poursuivait. « C’était lui ou moi. J’avais pas le choix. Je me suis vu crever. Il fallait qu’il arrête. » A partir de là, il reste à trouver les bons arguments pour justifier un meurtre. Création par le Théâtre des Gens à Neuchâtel en octobre 2000. Arrête de rêver, l’Etrangère est une pièce biographique et politique. Annemarie Schwarzenbach y est présentée comme la figure tragique, emblématique, de la génération qui avait vingt ans en 1930 (Prix Bachelin de littérature, juin 2000).

  - Au Rendez-vous des Arbres

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François Bonnet présente 40 randonnées à la rencontre d’arbres ancestraux, vénérables, remarquables, exceptionnels, gigantesques ou simplement splendides. François Bonnet a parcouru la Suisse romande et les régions voisines, tant en France que dans le Val d’Aoste, et a soigneusement, presque amoureusement, photographié ces arbres fascinants. Pour chaque randonnée, il présente l’arbre but de la randonnée, mais aussi son espèce en général. Il décrit le chemin d’accès et les régions parcourues et donne des informations pratiques pour la randonnée. Les nombreuses photographies réalisées par l’auteur lui-même illustre son formidable travail.

Raymond Bruckert - Chronique d'un Grand Froid

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Une tempête de neige et un froid sibérien s'abattent sur l'hémisphère Nord. Le village jurassien de Montevillier n'a plus d'électricité, ni chauffage, ni lumière, ni eau, ni téléphone. On redécouvre les techniques ancestrales, les remèdes de jadis, la frugalité. La solidarité paraît intacte. Les gestes fraternels se multiplient. La communauté s'organise. On brave le froid pour porter secours.

Ariane Brunko-Méautis - Theresli, une mère

Theresli, une mère relate la vie d’une femme commune, en réalité hors du commun. Ce récit nous permet de découvrir les conditions sociales des femmes au siècle dernier, lesquelles se consacraient corps et âme à leurs tâches ménagères pour autrui en se réalisant dans leur travail maigrement rétribué.

Theresli, d’origine germanique, mariée en Suisse, a eu à subir l’animosité contre les Allemands et l’accueil hostile de sa belle-mère qui ignore tout de ce que sa bru a vécu dans son enfance : la vie d’une enfant abandonnée par sa mère munichoise dans un orphelinat, puis recueillie à dix ans par une famille généreuse à laquelle elle restera liée jusqu’à la fin de sa vie.

L’auteure décrit avec soin les conditions historiques tant en Allemagne qu’en Suisse dans les différents endroits où a habité Theresli. Elles permettent de mieux comprendre ce qu’a vécu cette femme si attachante ; elles renseignent sur les conditions de vie du siècle dernier et les sacrifices qu’une veuve pouvait assumer pour offrir un meilleur avenir à ses deux filles.

Avec le retour de l’individu sur la scène historique et l’intérêt porté à l’histoire du quotidien et aux « petites gens », ce roman est un témoignage passionnant.


François Jequier, Professeur honoraire d’histoire de l’Université de Lausanne


Jean Buhler - Sur la route de La Chaux-de-Fonds à Kaboul

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Avec un bon copain, Buhler s'embarque en 1956 dans une chevauchée fantastique sur les routes de l'Est. Leur 2 CV sera l'objet de 104 crevaisons, mais c'est son parcours nomade - du Danube communiste et ses tziganes en passant par le Kurdistan et l'Afghanistan - qui offre à nos yeux éblouis toute la science de la rencontre du baroudeur neuchâtelois..

Pierre Chappuis  - Entailles

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Montagnes & eaux (compacité et fluidité, union du stable et de l'instable) en chinois pour dire, concrètement, paysage. Nécessairement liées au lieu précis où elles apparaissent et, accidentellement, se révèlent à nous, les montagnes, les eaux n'en épousent pas les limites. Éprouvées dans leur présence élémentaire, elles n'ont point à être situées, ne répondent point à l'appel d'un nom.

Autrement, dans la langue, les rejoindre. Leur part d'inconnu et d'imaginaire œuvre en nous comme notre propre substrat, étranger en même temps qu'intime (quoique soustrait à une relation de simple familiarité).

Effacement du lieu. Prévaut l'instant vécu au cœur des choses quand véritablement, en dépit du proverbe, une hirondelle fait le printemps. Au poème non plus, un territoire n'est pas assignable.

Sylviane Chatelain - Dans un instant

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Un extrait :
J’étais à côté de l’interrupteur. J’ai hésité, renoncé, je ne sais pourquoi, à allumer, d’ailleurs le couloir était faiblement, mais suffisamment éclairé par la lune ou les lumières de la fête.
Et d’abord j’ai pensé que c’était un drap jeté là par une femme de chambre occupée à changer un lit, à une heure pourtant inhabituelle, et puis, au fur et à mesure que j’avançais, effrayé, que c’était un corps évanoui ou sans vie, le corps de la mariée, mais ce n’était que sa robe, la robe blanche des noces, étalée de biais dans l’étroit couloir, le bouquet enlacé par une manche à demi repliée, en bas les souliers couchés l’un à côté de l’autre, en haut le voile soigneusement déployé. Une robe ample, au tissu somptueux, le corsage, je m’en souviens, entièrement recouvert de fines et sinueuses broderies nacrées sur lesquelles j’allais me pencher, attiré par la silencieuse lueur qui émanait d’elles, par leur doux éclat de perles, quand j’ai cru entendre un très léger bruit, un frôlement, le frottement peut-être, devant moi, de pieds nus sur l’épais tapis de laine.

Françoise Choquard - Cartes sur table

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La plume est moins innocente qu’on ne le pense. Avant elle, les mots auront flairé l’essence, soupçonné le butin, cherché la direction, déterré les secrets et, dans l’intervalle de la calligraphie, déjà exprimé au plus juste l’attente de l’écrivain.
Françoise Choquard

Alain Corbellari - La Mer illusoire

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Une guerre improbable, un homme qui fuit sans bien savoir ce qu'il refuse, une femme dans un train, et une série de rencontres curieuses ou inquiétantes dont on finit par se demander si ce n'est pas toujours le même homme, sous différents visages, qui croise la route du héros.
Une forêt profonde, une ville en ruine, une cathédrale aban­donnée, un musée vide, un port : autant de lieux reliés par un fleuve que l'on perd et que l'on retrouve. Tous les fleuves, on le sait bien, « mènent à la mer » ; encore faut-il que la mer mène quelque part...

Né en 1967 à La Chaux-de-Fonds, Alain Corbellari est entre autres l'auteur d'un opéra pour enfants, de poèmes symphoniques et d'une biographie de Joseph Bédier. 11 enseigne la littérature française médiévale à l'Université de Lausanne. La Mer illusoire est son premier roman.

Odile Cornuz  - Pourquoi veux-tu que ça rime ?

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Une femme questionne un homme qu’elle ne connaît pas. De digressions en confidences, les interrogations révèlent celle qui les formule et en dessinent le portrait. C’est un texte tour à tour pertinent et candide, drôle ou grave, qui parle autant du manque d’amour que des exigences impossibles de la conjugalité.

Benoîte Crevoisier - Mesdemoiselles

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"Pas question de pleurer sur le passé" : ce pourrait être la devise de Benoîte Crevoisier. L’écrivaine franc-montagnarde vient de publier un deuxième ouvrage autobiographique. Dans le premier, "Avec un grain de sel", elle racontait son enfance passée dans une famille paysanne, à Lajoux. Dans son nouveau livre, "Mesdemoiselles", elle évoque désormais la suite, son adolescence et ses débuts en tant qu’enseignante. Elle retrace sa vie dans les années 1950, de 13 à 18 ans. La Franc-Montagnarde a appris son métier à l’école normale à Delémont. Une école qu’elle a dû quitter précipitamment, 6 mois avant la fin de sa scolarité, comme toutes ses camarades. A l’époque, le Jura souffrait d’une pénurie d’enseignants.

Benoîte Crevoisier écrit avant tout par passion pour la langue française. Son livre, "Mesdemoiselles", est disponible aux éditions Alphil à Neuchâtel.

Pierre Crevoisier - Mes trous de mémoire

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«… j’ai toujours préféré les mailles à l’envers à celles qui filaient droit, le fil du rasoir au fil à la patte. Même les jours de soleil me paraissent manquer d’imprévisible. La pluie, elle, danse avec le sol et, lorsqu’elle s’éloigne, elle laisse derrière elle quelques larmes en forme de flaques. Quand j’étais môme, je sautais dedans à pieds joints […] Un matin, alors qu’elle s’échappait de mes draps, j’ai vu un songe quitter la pièce avec elle. Il m’appartenait. Je le sais, je l’avais gagné à la sueur de ma nuit. »

Avec ses Trous de mémoire, Pierre Crevoisier revient en magicien-écriveur. Au fil de ces histoires brèves, on retrouve la poésie de son premier roman,Elle portait un manteau rouge, une douceur en plus, de joyeuses amertumes et l’humour de mots inventés, balancés comme des pierres bleues le long du chemin. Vous vous surprendrez à danser au rythme de ces nouvelles d’un pas chaloupé, partout, derrière la lune.

Claude Darbellay - Le Home

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Le Home est moderne et haut de gamme: fitness sous la conduite d'un coach, atelier de poésie, séances de développement personnel, cuisine gastronomique. Sont organisés des sorties en campagne, des visites de musées, des spectacles. Un prêtre passe une fois par semaine. Tout est fait pour le confort des pensionnaires.

Pourtant, il se passe de drôles de choses. Des résidents ont d'étranges marottes. Parfois l'un d'eux se meurt dans des circonstances mystérieuses. Se déroulent toutes sortes d'intrigues, d'alliances, de trahisons. Est-ce vrai ce qu'on raconte du troisième étage dont on ne redescend que les pieds devant? Qu'obtient-on avec la carte donateur que seuls les plus riches peuvent s'offrir? La chambre des punitions n'existe-t-elle que dans le fantasme des résidents?

Le récit est ancré dans le lieu "comme si on y était". C'est Odile, quatre-vingts ans, qui raconte. Elle vient de rencontrer Markus, dix ans de moins qu'elle.

(Quatrième de couverture, G d'Encre)

Emanuelle Delle Piane - Variations sérieuses

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Variations sérieuses est un cycle théâtral de dix-sept monologues évoquant la condition des femmes, des jeunes filles et des petites filles à travers le monde aujourd’hui. La pièce se fait porte-parole de celles qui ont perdu la force, le droit ou tout simplement l'opportunité de nommer leur réalité. Elle met en mots et en lumière les silences de dix-sept femmes victimes du non-respect des droits humains les plus élémentaires.

Laurent Feuz - Derniers murmures derrière les murs

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« Aujourd’hui, ça fait juste trois mois que Yasmina ne parle plus. Plus un mot. Plus un son issu de sa bouche. Comme si ses lèvres avaient été définitivement scellées.
Restent parfois des gestes hésitants, un hochement de tête çà et là, et quelques timides esquisses de sourires, pour garder un semblant de contact avec le reste du monde.
Et puis des pleurs, la nuit, convulsifs, intarissables, douloureux.
Chaque nuit. Dans le noir. À l’heure du souvenir.
Ses parents sont inquiets. Impatience.
Docteur ?
Inch’Allah, elle reparlera bientôt ! leur dit-on à l’hôpital de Rafah. C’est une question de
patience. Il faut lui donner le temps de surmonter pas à pas le traumatisme qui l’a emmurée dans ce silence.
Eh bien non ! Yasmina ne parlera plus. Plus jamais un mot ne sortira de sa bouche d’enfant
innocent.
Allah en a plutôt décidé ainsi.
Le corps de Yasmina gît paisiblement, drapé de noir, face contre terre, dans la vaste étendue de sable chaud du no man’s land, à cinquante mètres à peine de l’imposant mur d’acier. »
Derniers murmures derrière les murs est un recueil de quatre récits. Un récit par saison. Un
récit pour chaque mur qui entoure les habitants de Gaza.
Ces « contes à rebours » sont inspirés d’expériences de vie et de guerre. Ils accompagnent le destin de quatre personnes. Deux jeunes, Yasmina et Ahmed, et deux personnes âgées, Umm Saïd et Abou Moussa, qui sont bousculés, meurtris et broyés par la violence de ce huis clos.

Lucienne Girardier Serex  - Fenêtres sur le temps, le pays de Neuchâtel

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Il était temps que s`ouvrent enfin de nouvelles fenêtres sur le Pays de Neuchâtel dans son ensemble. Très courtisé dans ses hauts lieux, le canton attendait depuis des décennies qu`on en dresse un panorama plus unitaire, plus global, plus ouvert à ses visages secrets, plus attentif à ses saisons. Michael Mattsson et Lucienne Serex l`ont fait en conjuguant leur sens aigu de l`image et du mot dans un ouvrage de haute tenue. L`une comme l`autre se sont nourris de ce pays les pieds dans la glèbe, courant les prairies, les marais, les forêts, entre aurores glaciales et douces veillées, pour mieux sentir les vibrations de la couleur, mieux entendre les messages montant de la terre et mieux lire ceux qui s`inscrivent dans la transparence du ciel […] Michael Mattsson lit au ciel la promesse de nouvelles lumières, il écoute d`où vient le vent pour prévoir les orientations du givre, il a le don de faire éclore devant lui les rutilantes corolles de nos fleurs des champs. Son regard est libre et il a su s`affranchir de toute systématique. […] en d`étincelantes prises de vue, il nous révèle, page à page, le pays de Neuchâtel tel qu`il est, sans céder à la moindre sublimation qui puisse en altérer la simple et belle réalité. C`est à la fine plume de Lucienne Serex qu`il revient d`apporter à l`œuvre le supplément d`âme qui lui confère une de ses caractéristiques les plus singulières. […] Seule l`inspiration poétique de leur auteure - presque toujours puisée dans la nature elle-même, à l`appel d`une prise de vue - en a dicté les mots, arrangé les séquences et imposé les rythmes, seule la sensibilité de l`écrivaine leur vaut d`apparaître çà ou là dans le livre. Extraits de la préface de Jean-Pierre Jelmini Président d`honneur de l`Institut neuchâtelois

Jacques Hirt - Deux meurtres et demi

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Deux demis, c'est parfait. Du blanc bien frais pour l'apéritif entre quatre amis. Sous une tonelle, près d'une fontaine, quand on a le temps de se demander si c'est possible, deux meurtres et demi.
Comment perpétrer un demi-meurtre ?
À Berne, à la Neuveville, à Avenches aussi lors d'un opéra dans les arènes, le mystère se fait de plus en plus épais.
Aucun lien entre les victimes. Alors pourquoi elles?
- Étrange affaire, depuis que nous cherchons, nous ne trouvons que des questions.
Les crimes que poursuit le commissaire sont roses ou violets. Il est des crimes de sang, mais est-il des crimes de fleurs ? Et la couleur du crime n'est-elle pas toujours le rouge ?
Comme celle de la passion ?

Claudine Houriet - L'Obsidienne de la nuit

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Qu'est-ce que la poésie ? Une chose inutile et précieuse qui allège la destinée de l'homme, exprime en quelques vers son mal-être et ses doutes, permet de transcender sa douleur ou de crier sa joie. Comment appeler l'émotion du poète sentant monter en lui les mots qu'il va tenter de faire chanter ? Un état de grâce ? L'attente du paradis perdu ? Une fulgurance qui le transportera ? L'instant enfui miraculeusement rendu ? Ce trouble intense impossible à définir ouvre un accès fugace à notre soif d'absolu.

Claudine Houriet nous offre ici quelques fragments de l'existence humaine, oscillant entre l'ombre et la lumière.

Gilles F. Jobin - Au temps de l’amour inquiet

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Les mots ne nous parlent qu’à mots couverts écrit Gilles F. Jobin* qui aime jouer avec eux. Plus que de raison ? Il ne faut pas s’y tromper : sous leur couverture bien tirée les mots nous chuchotent des choses moins obscures qu’il n’y paraît.
Il suffit de dresser l’oreille. Derrière l’obsession de la forme et les vertiges de la langue, comme un précipité de sens. Mais déjà Gilles F. Jobin nous prend par cette oreille. Il joue et déjoue. Il nous entourloupe.
Pris au jeu, on voudrait voir comment c’est fait. Par quels tours de passe-passe nous sommes entraînés. A travers des phrases faussement lisses qui nous rendront voyeurs déçus ? Mondes interlopes, chambres secrètes où végètent, se débrouillent et tentent d’aimer les paumés de la terre. Sous la froideur feinte du constat filtre une compassion pudique ; peut-être même cet amour inquiet que le titre évoque mystérieusement ?
Plans de cinéma, instantanés jaunis, amorces de romans et coupures de presse déclinent avec laconisme les désastres intimes ou planétaires, les sourdes menaces, les faits divers banalement quotidiens. Il est mort dimanche. Douze lignes dans le journal.
Si Au temps de l’amour inquiet suggère une époque (lointaine, réelle ou fantasmée), l’auteur use avec malice d’un autre temps, celui de la grammaire qu’il bouscule (à dessein) pour mieux nous égarer entre imparfait, passé simple et présent, donnant aux textes une troublante profondeur. Où le lecteur aimera se pencher pour boire.

Roger-Louis Junod - La grande révolution de la fin du siècle

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La trame des différents récits de ce recueil se situe dans le futur, entre 2064 et 2166, et les aventures de leurs personnages s’entrecroisent entre Paris, l’Ile Saint-Louis, Saint Germain-en-Laye, Sarajevo, Neuchâtel, Strasbourg, le Jura, Rome, Delphes, Villars, Alcobaça… Ils intègrent en toile de fond l’utopie du distributisme, un régime économique capable de supprimer la misère dans le monde entier, thème toujours d’actualité et cher à Roger-Louis Junod.

Francis Kaufmann - La fourche et la plume, mémoires d’un montagnon neuchâtelois

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Lorsque le jeune Jean-Jacques Rousseau parcourt les montagnes neuchâteloises, il est si frappé par ces Montagnons trayant leurs vaches et fabricant des montres, qu’il en parle dans une lettre adressée à d’Alembert quelque trente années plus tard.

Près de trois siècles après Rousseau, un ancien paysan raconte la suite de cette histoire ; pourquoi les paysans horlogers ont-ils été remplacés par des cultivateurs et éleveurs venus de Suisse allemande ? Que sont devenues les merveilleuses fermes neuchâteloises, si esthétiques ? Comment a évolué l’agriculture dans ces hautes terres ?

Le monde rural a connu des changements radicaux au cours des cinquante dernières années. Les méthodes de travail, les bâtiments, le bétail même, tout a été remis en question en l’espace de deux générations à peine. Dans La fourche et la plume, Francis Kaufmann raconte cette évolution à travers l’histoire de sa famille venue s’établir dans un quartier extérieur de la commune de La Chaux-de-Fonds à la fin du XIXème siècle.

Aujourd’hui tout change, tout évolue à un rythme effréné : est-ce pour le meilleur ou pour le pire ? Ce récit se termine par une note optimiste car l’auteur croit fermement à la force d’équilibrage de la nature et à la faculté d’adaptation du genre humain.

Claude Maier - Une vérité à géométrie variable

Oser interpréter la vérité avec fantaisie et poésie m’a permis d’imaginer les quatre nouvelles et la méditation « poésie et photo » présentées dans cet ouvrage.

• Un génie apparaît à une boulangère dans le four à pain de Cressier.
• Aujourd’hui encore, la nuit de la pleine lune, les comtes de Gruyère se réunissent au bas de la cour du château, sur les hauteurs la cité médiévale.
• Aldo, émule de Farinet, fabrique de la fausse monnaie dans l’antre où travaillait clandestinement son prédécesseur.
• Une jeune Helvète s’est égarée au bord du lac de Neuchâtel, naufragée au cœur de la civilisation moderne.
• Dix photos m’ont plongé dans le monde de mes rêves et de mes fantasmes. Elles ont été source d’inspiration pour neuf élucubrations fantaisistes.
• Peu importe si c’est vrai ! A vous la liberté d’interpréter la part cachée de chaque histoire.

Publié aux éditions du Jordil à Dillon, à Cressier FR, en juin 2015, l’ouvrage réunit mes deux passions : l’écriture et la photographie.

Claude Maier

Frédéric Mairy - Bref éloge de la fin

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Recenser les poètes qui par leurs mots tentèrent d’apprivoiser la fin – puisque, il n’y a pas à tortiller, c’est bien de cela qu’il s’agit ici – nous mènerait bien loin. Le chemin en serait délicieux, mais dresser un bref éloge du point final demande, par cohérence, de garder celui-ci à portée de main. Et de se satisfaire, on le serait à moins, de la caresse solaire entourée de nuit adressée dans Symétrie par Ramuz, Charles-Ferdinand, à sa fille: «C’est à cause que tout doit finir que tout est si beau. C’est à cause que tout doit avoir une fin que tout commence. C’est à cause que tout commence que tu as connu le grand émerveillement. Tâche seulement d’être toujours émerveillée.» Tenons-le-nous pour dit.

Sandro Marcacci - Si près là-bas

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Au Mali, on salue le voyageur ou l’étranger en lui disant : vous avez quitté là-bas chez vous et vous êtes arrivés ici chez vous – une formule de bienvenue, des mots simples pour dire une perception généreuse du monde dont bien des pays pourraient s’inspirer : chez moi, tu peux te sentir chez toi.

Ecrit en collaboration avec Sandro Marcacci, Si près là-bas rassemble des récits gravitant autour de l’expérience professionnelle et personnelle d’Anne-Sophie Gindroz, responsable de programmes de développement dans divers pays et chargée de missions pour des ONG suisses. Au fil des textes qui marquent des va-et-vient entre les différents lieux de son engagement (Mali, Indonésie, Laos, Chine) se dessinent tout à la fois la réalité de l’aide au développement sur le terrain, la vie particulière d’une famille multiculturelle qui se construit dans le contact permanent aux autres et le questionnement qui ne peut manquer de surgir sur l’ici et l’ailleurs.

Françoise Matthey - A la croisée des brides

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Dans un pays de longue neige et de vents, « qui ne cesse/depuis des siècles/d’adhérer à la loi des chevaux », une voix s’élève, attentive et douce – et toujours d’une grande justesse.
C’est l’occasion d’un recueil intense où il appartient à la poésie de faire le récit d’un don rare, d’une transmission, de dire la passion qu’inspire et nourrit une jument au « regard noisette », qui finira par s’en aller, emportant avec elle une fillette venue d’ailleurs, écorchée par la vie, mais qui aura pu, grâce à elle, renaître à la confiance « dans l’intuition d’un lien » promis à grandir et durer. Tout se sera passé « à la croisée des brides », au gré de chevauchées défiant la pâle mélancolie des saisons.
Dans l’intervalle, la jument aura comme amoindri l’exil de la poétesse, l’ouvrant à l’usage de sa « nouvelle terre », l’aidant à délier « l’entrelacs des effrois ». Elle l’aura instruite aussi de ce qu’« être va plus loin », là « où bruit l’inaccompli », avant de la laisser délivrée « de tout achèvement ».
Françoise Matthey nous offre ainsi ce que, dans l’élan d’une lecture heureuse, je tiens pour être un livre intimement accompli.

Pierre-Alain Tâche

Françoise Matthey - Avec la connivence des embruns

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Une île bretonne, rocheuse, sauvage, vivante, est au centre de ce nouveau recueil de Françoise Matthey.
Une île, c’est un concentré de beauté terrestre dans l’immensité marine, sous l’amplitude du ciel ; toujours en train de parfaire sa beauté par le moins : les vents l’aiguisent, la mer avec ressac et marée la tient dans la rigueur de son mouvement perpétuel, le soleil met tout en lumière, failles et fissures comprises, les rochers millénaires se taillent sans cesse, selon une vaste dramaturgie cosmique. Son aura, elle, est légère, faite de sel, d’écume, d’embruns, de cris d’oiseaux.
La poésie, à l’image de l’île, est décantation, ascèse, chemin vers la nudité de l’être, en quête de l’essentiel du vivre et du mourir. D’où, dans les poèmes de Françoise Matthey, ces élans vers le bref, le peu, le moins : elle dit les perceptions au plus juste, au plus sobre, elle efface le je pour mieux interroger le monde, elle capte les ruptures et les harmonies, elle se plie au souffle et au rythme des vents, de l’eau. Ce faisant, elle découvre la mesure humaine, le temps suspendu, «l’irruption de la joie singulière».
Doris Jakubec

Denis Petitjean - Enfances partagées

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Par ce récit, Denis Petitjean nous emmène dans le quotidien d’un internat scolaire. Il nous présente les multiples péripéties vécues durant une année par une communauté de quarante enfants et de presque autant de collaborateurs. Le lecteur ne restera pas insensible aux émotions, aux états d’âmes, aux tensions émanant d’une succession de soixante tableaux.

Il ne s’agit pas d’évoquer les souvenirs de l’orphelinat avec grands dortoirs, son réfectoire et ses sinistres couloirs. Nous sommes loins des clichés anciens.

Ce livre s’inspire du vécu à la fois prégnant et tragi-comique d’une institution. L’auteur a dirigé, avec son épouse, un Centre éducatif et pédagogique en Suisse romande durant 32 ans (1969-2001).

Gilbert Pingeon - Les Insignifiants

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Les Insignifiants est un livre qui s’interroge sur notre époque avec drôlerie et férocité. Comment rendre compte du fait que nous vivons sous l’emprise du Rien ? Et si nous écoutions, à ce propos, la parole d’Insignifiant Premier ? « On me reprochera sans doute, à juste titre, le grand écart qui sépare la rigueur critique, voire caustique, que je porte sur l’époque contemporaine. On me fera remarquer la faiblesse insigne – ô combien regrettable ! – de mon impact réel sur le cours des choses. – Roi de pacotille, trônant au cœur de l’Empire du Rien, je règne sur l’illusion d’un monde réel. Car c’est l’irréalité sans cesse croissante du monde actuel qui m’a logiquement assis sur ce trône carnavalesque.
– De là-haut, je vous invite à partager mon royal point de vue. »

Philippe Rebetez - L'orée

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Baguette de sourcier, cette poésie tremble au-dessus de la source cachée, attentive :
je pose mon oreille / contre l'écorce du hêtre / pour percevoir / l'aubier / faire son oeuvre.

L'aubier : la vie. Celle des humbles choses, des petites gens, de ceux qui attendent la fin, perdus au milieu de nulle part.

Denise Mützenberg

Philippe Renaud - Sept histoires à rebrousse-poil

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Pourquoi « à rebrousse-poil » ? Parce que, deux nouvelles tragi-comiques mises à part, ces Histoires abordent des sujets qui, d’habitude, sont traités par des savants ou des essayistes évitant les « pièges » de l’imagination, du subconscient et du langage, qui est de mèche avec eux. Qu’il soit question du Nom propre, ou du Lieu, l’auteur a tenté de capter le film ininterrompu se déroulant dans les « sous-sols de nous-mêmes », et de faire monter à la surface les représentations et les fantasmes qui ne cessent d’y défiler. Les images, affirmait Ramuz, sont pour notre psychisme plus vraies que la « réalité ». Ce peuvent être, dans ce livre, celles d’un peintre imaginaire ; ou encore celles de cinq rêves authentiques et des associations inattendues qu’elles suscitent. Ecrire à rebrousse-poil peut être autre chose : par exemple, narrer une expérience insolite des USA ; ou montrer, à propos de la réception des œuvres littéraires de Grisélidis Réal, comment notre intelligentsia peut être machiste, consciemment ou non. Ecrire à rebrousse-poil, c’est penser qu’il existe une manière proprement littéraire de parler du monde, des femmes et des hommes, créatrice d’un « savoir » qui n’est pas celui des sciences humaines ; entre autres différences, la présence d’un humour saugrenu, dont Apollinaire disait qu’il est le plus sûr garant du sérieux.

Claude-François Robert - Atlantik Beach Hotel

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Ses pensées bourlinguent à travers l'archipel des souvenirs… A bord d’un avion entre l’Afrique et l'Europe, le toubib se remémore ses compagnons de route et leurs histoires. Trois bars, trois scènes où les personnages, aguichent, s’épanchent et disparaissent : le premier, un hôtel dans une ville en proie à la guerre civile ; le second, un bar en terrasse dans une indolente capitale ; le troisième, un débit de boissons clandestin dans un bled de coopérants. Ces protagonistes vont raconter leur vécu, un peu broder sur les faits et partager leurs angoisses, rire aussi de moments cocasses.
Au retour que reste-t-il ? L’homme revient-il transformé par ces périples ? En filigrane s’inscrivent les personnages qui ont suivi les traces d’Ulysse sur les routes du monde.

Nicolas Rousseau - Ma vie va vers l'Asie

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De l'enfance à l'âge mûr, voilà quelques moments de vie particulièrement marquants, premiers souvenirs, débuts à l'école, rêves d'avenir, essais de réflexions philosophiques, engagement politiques, aventures de cœur, voyages. En parallèle, un parcours vers l'Asie, d'un Orient à l'autre : Palestine, Turquie, Iran, Sri Lanka, Vietnam, Laos, Chine, Indonésie, autant de pays qui vont rythmer ce chemin d'initiation.

Antoinette Rychner - Lettres au chat

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Avec l’air de ne pas y griffer, ces correspondances nous entraînent dans une ronde mi-fugue mi-raison où vont se réfugier les rêves d’une jeune mère en mal d’amour. C’est tendre, ironique et terriblement charmant.

Thomas Sandoz - Croix de bois, croix de fer

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«Qu’est-ce que tu fais pour les autres ? me sermonnait sans cesse mon frère, convaincu que son chemin de vie était plus méritoire que le mien. C’est lui qui perpétuait la tradition missionnaire de la famille, il en était fier et ne manquait jamais une occasion de me reprocher de n’être ni médecin ni instituteur, même pas croyant.»

Appelé à prendre la parole lors d’un colloque en hommage à son frère, longtemps missionnaire en Afrique centrale, le narrateur se remémore les lumières et orages de leur jeunesse. Persuadé d’être le seul à connaître le vrai visage de ce « bon Samaritain », et pris au piège d’une assemblée aveuglée par la foi et l’admiration, il va devoir batailler pour faire entendre sa voix au milieu du concert des louanges. Il apprendra, au fil des réminiscences, qu’on ne tourne pas le dos à son éducation sans en payer le prix.

Comédie grinçante en huis-clos, déclaration de guerre rageuse au déterminisme de la famille, Croix de bois, croix de fer, entre colère et nostalgie, révèle sous un jour inattendu les coulisses de l’imaginaire d’un des jeunes écrivains les plus talentueux de la Suisse francophone.

Anne-Marie Steullet - MARGAUX L'EXILÉE

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« Tant d’émotions revenues au galop envahir ce lent après-midi ont épuisé Margaux. Elle va à petits pas vers sa belle terrasse. La grande chaleur est tombée, tout invite la dame à prendre son repas du soir parmi ses fleurs, sous le store. Commençons, dit-elle, par un apéritif. À ce moment précis – elle s’en souviendra longtemps – un homme passe au bas de son jardin sans un regard pour la maison. Margaux se lève aussi vite qu’elle peut mais déjà il franchit le portail en courant. Elle n’a vu qu’une chemise claire surmontée d’une coiffure hirsute, noire. Faut-il avertir le commissariat ? »

Ne faisant jamais les choses comme les autres, Anne-Marie Steullet-Lambert, excellant dans la forme brève, s’attaque ici pour la première fois au roman. Avec une précision d’horloger, elle décortique la vie mouvementée de Margaux de la Rosière, une veuve aisée qui suscite la jalousie de son voisinage. En dire plus reviendrait à trahir ses secrets ...

Jean-Bernard  Vuillème - Sur ses pas

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Suite à la découverte d’une vieille clé, Pablo Schötz décide de remonter tous ses domiciles. Cette clé serait-elle le Graal qui estomperait la distance entre le passé et le présent, qui « rassemblerait le petit garçon et l’homme mûr en train de se demander si ce petit garçon a vraiment existé ? ». Voici le récit haletant d’une cavale au-devant d’un passé. Périple vertigineux et parcours particulier dans le XXe siècle : le confort de la modernité apparaît dans les foyers avant d’être refusé par les soixante-huitards, le téléphone à touches remplace celui à roue mobile. Lucie la première épouse, une maison de paradis, puis la solitude, puis une nouvelle famille. Passé et présent se bousculent de maisons en maisons, de couloirs en couloirs, et le motif des sols fait surgir des souvenirs où le particulier dit ce qui est propre à chacun, l’universel.

Ecrivain et journaliste, Jean-Bernard Vuillème vit à La Chaux-de-Fonds. Lauréat notamment des prix Schiller et Dentan, il s'est fait connaître par des romans à l’univers singulier qui posent tous un regard pétillant et subtil sur la société d'aujourd'hui.

Luc  Wenger - DANS LES PAS DU TEMPS

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Telle la fleur jamais lasse de s’ouvrir et de se refermer, l’éveillé, autre nom du poète, poursuit sa quête sans la poursuivre, accueillant et gravant dans son corps ce qui vient à lui. Chez Luc Wenger, cette offrande ne devient suc poétique qu’au terme d’une douce reviviscence de ses impressions et sentiments, « en veillant, dit-il, à ne pas tenter d’éluder ma confusion ». Cet aveu de faiblesse est peut-être ce qui touche le plus dans ces poèmes, éclosions étonnées face à l’insaisissable – l’Amour, la Mort, la Vie ...

Luc Wenger est né en 1938 et vit à Cortaillod. Dans les pas du temps est son quatrième recueil publié à l’Age d’Homme

Rachel Zufferey - Le Fils du Highlander

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Alors qu'Hamish et Kirsty vivaient paisiblement dans le comté de Ross avec leurs enfants, la soudaine apparition d'Henri Buchanan, ancien prétendant de Kirsty, va bouleverser le cours des évènements et mettre l'amour des deux héros à l'épreuve. Des Highlands aux Lowlands, en passant par Edimbourg, la famille se déchire.
Dans ce même temps, Alasdair, le fils cadet, doit s'adapter à la dure loi des Highlanders. Au cours d'un périple insensé à travers l'Ecosse du 16ème siècle, le jeune homme s'éprend de la douce Neilina, une domestique du clan Cameron, rencontrée lors d'une halte imprévue sur les terres de cette dernière. Il devra cependant la délaisser pour assurer la sécurité de sa propre famille.
Mais pourra-t-il vraiment oublier la timide jeune fille? Car si l'amour parvient souvent à surmonter les plus grands obstacles, peut-il néanmoins survivre aux intrigues, aux déchirements et à la trahison ?

Le Fils du Highlander est un roman historique, sensible et passionné, qui emmène les lecteurs dans un souffle puissant au cœur de l'Ecosse du 16e siècle.

Jean-Claude  Zumwald - La suicidée des Trois-Pigeons

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Assassinat ou suicide ? Téléguidé par une inspectrice de police, Victor Aubois, complaisant, mène une enquête officieuse pour déterminer si la mort d'une jeune femme est bien due aux médicaments qu'elle a ingurgités et au monoxyde de carbone qu'elle a respiré. Se suicide-t-on après avoir appris qu'on est l'héritière d'une grosse fortune insoupçonnée ? Selon le bon sens, non. Mais là, selon de solides apparences, cela paraît plausible. Les liens entre la morte, discrète et modeste secrétaire, et le rescapé, en 1942, d'un ghetto de Pologne sont une clé de l'énigme.

Avec d'autres, l'épicier détective se décourage, s'égare avant de confondre les coupables.
Contre toute attente, ce sera grâce à une retraite spirituelle mouvementée et peu conventionnelle dans une communauté de Soeurs ignaciennes du Jura.